BELGIAN CAMPAIGN FOR AN ACADEMIC AND CULTURAL BOYCOTT OF ISRAEL (BACBI)
 

 
 

Appel pour le boycott académique d’Israël.

Actualisé le 14 janvier 2017.

1. Cette année, 2017, le plan de partage de la Palestine voté par l’ONU en 1947, suivi en 1948 par la Nakba ou Catastrophe, aura 70 ans. L’occupation de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est, de la Bande de Gaza et du plateau du Golan, elle, aura un demi-siècle (1967). Tant d’années après, le peuple palestinien vit toujours sous la botte militaire, privé de son droit humain à une vie digne et indépendante. La répression au quotidien par les forces de l’ordre israéliennes va toujours de pair avec des violations du droit international et des droits de l’homme. Presque 7 000 Palestiniens, dont 400 enfants, continuent de croupir dans les prisons israéliennes, victimes de maltraitance et de torture. 2016 était une année violente et mortelle pour les Palestiniens vivant en Cisjordanie et Israël. Depuis le début de l'"Intifada des jeunes", en octobre 2015, plus de 274 Palestiniens ont été tués par les soldats et gendarmes, dont 78 enfants et 24 femmes y incluses 12 mineures Pour les enfants en particulier, 2016 était l'année des pires abus. Entre-temps, les vols de terres palestiniennes et les démolitions de maisons continuent de s’accélérer: la politique raciste des démolitions, non seulement au détriment des habitants de la Cisjordanie et Jérusalem-Est mais aussi au détriment des citoyens palestiniens de l'État israélien, a frappé un nombre record de personnes depuis 2009. Il n'y a pas de fin au processus de nettoyage ethnique ni à la colonisation et l'expansion des colonies.

2. Chaque nuit, adultes et enfants palestiniens vivent toujours sous la terreur des raids et enlèvements par la soldatesque israélienne. Chaque jour, pendant de longues heures, ils sont contraints de faire la queue aux centaines de check-points qui les privent de leur liberté de mouvement, volant leur temps, volant leur vie. En attendant qu'ils puissent passer, ils ont à subir l’arbitraire, l'humiliation et la violence (parfois mortelle) racistes par les militaires et gendarmes armés. Dans la Bande de Gaza, presque trois ans après la dernière guerre meurtrière, 2 millions Gazaouis survivent à grande peine sous un blocus barbare qui dure déjà presque 10 ans. Les ravages et destructions de l'infrastructure (l'eau, l'électricité, le sanitaire...) et les conditions de vie inhumaines (surtout pour les enfants), associées à des attaques militaires récurrentes, ont produit une situation hallucinante et sans issue. Cette situation étant fabriquée par la politique israélienne de plusieurs années, l'hypothèse qu'il s'agit d'une politique de génocide graduelle, gagne de plus en plus en crédibilité. Les réfugiés palestiniens et leurs descendants, enfin, continuent de dépérir dans les 59 camps répandus dans le monde arabe. Leur situation catastrophique est encore accrue par la guerre en Syrie 3. L’oppression des Palestiniens par l’État israélien comprend beaucoup plus que l‘occupation militaire et les colonies. Nous avons à faire à une politique coloniale et colonisatrice coordonnée de dépossession de la Palestine : l’expropriation de son territoire, de ses ressources naturelles et matérielles et de son économie, la destruction de son patrimoine urbaine et du paysage, l’effacement de son histoire, sa culture et son identité. Il s’agit de démembrer complètement le tissu culturel, politique et social de la société palestinienne. Le sociologue israélien Baruch Kimmerling qualifiait la politique israélienne de « politicide ». L'objectif de l'État occupant: il faut que les Palestiniens s’accommodent de « vivre comme des chiens » (Moshe Dayan, en 1967) sans dignité, dans des Bantoustans séparés et impuissants.

L’État d’Israël est une puissance militaire mondiale et il fait la guerre à une population de civiles. Que ce soit du point de vue militaire, politique, juridique ou moral, il n'y a aucune raison acceptable pourquoi il n’aurait pas à se conformer au droit international et ses principes éthiques fondamentaux. Il faut qu’il soit mis fin au traitement d’ « exception » et d’impunité qui lui a été réservé jusqu’ici par l’Occident. La résolution 2334 du Conseil de Sécurité du 23 décembre 2016, avec sa condamnation de la politique colonialiste d’Israël, est un signal important mais elle ne prévoit ni à son exécution ni à des sanctions en cas de refus par Israël.

4. Les universités israéliennes forment un pilier institutionnel d’une société militariste. Elles contribuent à légitimer et faciliter idéologiquement et scientifiquement l’oppression et l’apartheid. L’armée, affirmant son lien organique avec les universités, est souvent présente physiquement sur les campus. Beaucoup de professeurs, d’ailleurs, sont de hauts officiers (de réserve). Plusieurs universités offrent des programmes au bénéfice du personnel de la défense et la sécurité et/ou disposent d'un centre d'étude sémi-militaire dédié à la "sécurité nationale". En collaboration étroite avec le complexe militaro-industriel, des instituts renommés comme le 'Technion' sont impliqués directement dans le développement de systèmes d’armes « high-tech ». Le 'Technion' offre même un cours destiné aux aspirants vendeurs d’armes. Ces vendeurs ont l’avantage sur leurs concurrents internationaux : ils recommandent leurs produits comme ayant été testés dans les Territoires Occupés, les habitants palestiniens y servant d’ « animaux de laboratoire ». Mutatis mutandis, c'est aussi le cas pour la technologie dans le domaine de la sécurité. Grâce à la collaboration entre les universités, le secteur technologique et les services de renseignement de l'armée, Israël se profile ici comme un leader mondial. Les 'péchés d'Israël', donc, sont "bons pour les affaires".

5. L’importance stratégique pour Israël de la recherche scientifique et « high-tech » explique pourquoi une campagne de boycott académique provoque encore plus de nervosité de la part des autorités et leurs lobbyistes que le boycott économique. La campagne académique et culturelle aide à révéler l’infrastructure idéologique de l’État colonisateur. En même temps les réalisations scientifiques et « high-tech », ainsi que les produits artistiques, constituent un élément essentiel de la campagne « Brand Israel », lancée en 2005 et visant à présenter Israël au public occidental comme un pays moderne, occidental et « hip » (tout en dissimulant ainsi la composition sociologique réelle du pays).

Pas une seule université ou faculté israélienne ne s’est distanciée soit de l’occupation soit des guerres meurtrières contre la Bande de Gaza. Tout au contraire : elles les ont applaudi et ont rémunéré leurs étudiants-soldats. Pas une seule, non plus, n’a témoigné de sa solidarité avec les collègues palestiniens, victimes de discriminations. Sur le plan individuel par contre un nombre d'universitaires israéliens courageux ont critiqué publiquement la politique de leur pays (certains parmi eux prenant parti pour le boycott). Il s’agit toutefois d’un nombre très restreint (quelques centaines sur presque 9 000). Aujourd’hui les autorités académiques et politiques les ont réduits largement au silence avec l’aide de campagnes de haine orchestrées.

6. Le droit des Palestiniens à l’éducation et à la recherche tournées vers l’avenir est un des victimes importants de la politique coloniale d’Israël. Dans les discussions sur le boycott, le drapeau de la « liberté académique » ne cesse d’être brandi, mais il ne s’agit presque jamais de la liberté académique des professeurs et chercheurs palestiniens. Pourtant c’est elle qui est violée de manière systématique. Leur droit à la mobilité et la collaboration scientifique souffre de plus en plus de restrictions et s’ils osent protester, ils risquent d’être agressés, appréhendés et incarcérés (ou pire). Il n’est pas rare du tout qu’un campus est pris d’assaut par des soldats armés et que leur infrastructure, archives, bibliothèques, etc. sont saccagées (c’était le cas, à la fin de 2016, pour les universités Al-Quds, Kadoorie et Birzeit).

En Israël, l’extrême droite est au pouvoir (la gauche ayant déserté) et la société est devenue de plus en plus nationaliste, religieuse, extrémiste et raciste (comme le remarque Gideon Levy). Aussi, un changement de politique ne pourra venir que de la pression de l'extérieur. En attendant des sanctions internationales, la campagne de boycott du BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions), lancée par la société civile palestinienne, entend renforcer cette pression, s’inspirant du boycott contre l’Apartheid sud-africaine. À l’intérieur du BDS, la campagne pour un boycott académique et culturel occupe une place à soi. De même que le BDS, elle a été lancée par la société civile palestinienne. Le PACBI (Palestinian Academic and Cultural Boycott of Israel) est son moteur et il trouve une oreille favorable dans toujours plus d’universités dans le monde.

7. La campagne de boycott académique vise les institutions israéliennes à cause de leur complicité poussée à la politique criminelle de leur État. En même temps, elle s’engage à soutenir les collègues et étudiants palestiniens, sur le plan académique aussi bien que moral. Grâce à leur « soumoud », ou persévérance, tant vantée, les Palestiniens, où qu’ils vivent, continuent à résister à la politique sociocidaire qui leur est imposée. Ils comptent sur nous. Ne les abandonnons pas.

Le BACBI belge a déjà reçu l’adhésion de 478 académiques appartenant à toutes les universités belges. Comme il est souligné dans la Déclaration de principe, le boycott ne vise que les institutions académiques. La collaboration avec les professeurs et chercheurs individuels ne tombe pas sous le boycott (sauf s’il y a question d'encadrement institutionel explicite). N’y est inclus non plus : la participation à des réseaux scientifiques qui comptent parmi leurs partenaires aussi de participants non-institutionnels israéliens.Finalement, le boycott n'est pas un fin en soi, mais une tactique: il s'agit d'aider à la restauration des droits de l'homme des Palestiniens.

La Déclaration de principe: bacbi-declaration.htm.
Prière de signer la Déclaration, svp, par moyen de la page: bacbi-sign.htm


Le comité coordinateur : Prof. Marie-Christine Closon (UCLouvain), Prof. Patrick Deboosere (VUBrussel), Dr. Pascal Debruyne (UGent), Prof. Lieven De Cauter (KU Leuven), Em.Prof. Herman De Ley (UGent), Lieve Franssen (dirigent Brussels Brecht-Eislerkoor), Carl Gydé (directeur CAMPO), Prof. Perrine Humblet (ULBruxelles), Prof. Marc Jacquemain (ULiège), Raven Ruëll (régisseur).


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